janv. 10, 2019

HDR : Dynamiques intersectorielles des services de conseil et changement technique en agriculture.


PRESENTATION HDR PIERRE LABARTHE

Dynamiques intersectorielles des services de conseil et changement technique en agriculture.

 

- Garant de l'habilitation : Faïz GALLOUJ

- Rapporteurs : Guy FAURE, Florence JACQUET, Corinne TANGUY

- Examinateurs : Maria SAVONA

 

 

SOUTENANCE : 10 janvier 2019, 14h00, salle des conférences, bâtiment SH2

 

Catégorie : AGENDA
Posté par : admin

Ce mémoire d’Habilitation à Diriger des Recherches est centré sur l’analyse des nouvelles formes de soutien à l’innovation dans le secteur agricole, dans un contexte de digitalisation. Mes travaux de recherche ont essentiellement porté sur les dynamiques économiques des services d’appui technique aux agriculteurs en Europe (conseil agricole, R&D…). La motivation de mes recherches sur ce sujet part d’un paradoxe. Ces services sont aujourd’hui l’objet de nombreuses politiques publiques, alors que la capacité d’intervention directe de l’Etat est fortement réduite, après des années de désinvestissement dans de très nombreux pays européens. Ces politiques publiques, dont l’objectif est de contribuer à un développement plus durable de l’agriculture, sont l’objet de nombreuses critiques, notamment quant à leur capacité à accompagner les agriculteurs dans la réduction de l’utilisation de pesticides ayant des effets négatifs sur la santé ou l’environnement.

 

Dans ce contexte, il est nécessaire de mieux comprendre les conséquences des transformations économiques des services de R&D sur leurs capacités à produire des connaissances pertinentes et robustes pour accompagner une diversité d’agriculteurs dans une écologisation de leurs pratiques. C’est l’objectif principal de mes recherches. J’ai construit un cadre d’analyse inscrit dans une économie institutionnelle des services intensifs en connaissances. Ce cadre combine des apports des théories évolutionniste et régulationniste. Il permet d’analyser la R&D et le conseil agricole dans leur dimension organisationnelle de dispositifs collectifs de production de connaissances, mais aussi dans leur dimension institutionnelle, comme l’expression de rapports de force entre acteurs économiques, dans des dynamiques sectorielles et intersectorielles. J’ai mené la plupart de mes recherches dans des projets pluridisciplinaires, souvent européens, qui m’ont permis de mettre en œuvre des comparaisons internationales.

 

Mes recherches ont donné lieu à trois contributions principales. La première est une meilleure compréhension des transformations de l’offre de conseil agricole en Europe. J’ai construit des grilles d’analyse permettant d’analyser les logiques de performance des acteurs investissant dans le conseil (coopératives agricoles, fournisseurs de logiciels ou d’applications numériques, cabinets privés de conseil…). Si la commercialisation du conseil a favorisé une plus grande personnalisation des services, elle peut s’accompagner de difficultés d’investissement dans le back-office du conseil, et donc dans le renouvellement des connaissances à disposition des agriculteurs. Ma deuxième contribution est une analyse de la manière dont le back-office du conseil, et plus largement, la R&D agricole dans son ensemble, sont transformés par de nouveaux partenariats publics-privés. Ces partenariats sont parfois portés par des acteurs extérieurs au monde agricole, issus des secteurs des technologies numériques ou de l’aérospatial. Ils changent les institutions et les routines qui régulent le fonctionnement de la R&D du secteur agricole, et peuvent limiter l’exploration de connaissances sur des alternatives technologiques à l’utilisation de pesticides. Ma troisième contribution concerne les nouvelles conceptions des politiques de soutien à l’innovation. Ces politiques sont désormais souvent guidées par l’idée de corriger des défaillances de marchés ou de réseaux. Il est nécessaire de mieux comprendre leurs effets en termes d’inégalités entre agriculteurs, voire entre territoires ruraux.

 

J’ai pu observer dans ces recherches le rôle croissant que jouent les technologies numériques dans la R&D agricole. Je place au cœur de mon projet l’idée qu’il est nécessaire de mener une analyse d’économie politique du développement de ces technologies, et de leur impact sur les mécanismes de production de connaissances pour les agriculteurs. La digitalisation pourrait correspondre à une nouvelle forme de privatisation de la R&D agricole, marquée par des dynamiques intersectorielles très fortes. Quels seront ses effets sur les façons de produire des connaissances sur les technologies utilisées par les agriculteurs (et sur les effets de ces technologies sur l’environnement et la santé) ? Ces façons de produire des connaissances pourraient aussi être révélatrices de changements structurels de l’agriculture, à la fois dans les rapports avec des acteurs industriels (le numérique comme vecteur d’intégration verticale ?) mais aussi dans les relations entre agriculteurs (le numérique comme vecteur des transformations des organisations collectives créées par les agriculteurs ?)

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